Les règlements et l’ÉPP aident à rendre l’agriculture plus sécuritaire
par Kevin Ritchart
Chaque jour, plus de quatre millions de travailleurs américains participent directement à entretenir les récoltes et les animaux, la cueillette et l’emballage de produits, ainsi que l’abatage et la transformation de viande, de volaille, et de fruits de mer.
Ces travailleurs sont indispensables pour assurer qu’il y a un approvisionnement d’aliments nutritifs accessible au public. Mais dans plusieurs cas, ces travailleurs effectuent des tâches qui peuvent nuire à leur santé.
La plupart des travailleurs agricoles reçoivent un salaire très bas, et il y a un taux élevé de blessures et de mortalités au travail reliées à leurs tâches quotidiennes.
Un examen plus approfondi des dangers
L’« American Public Health Association » (APHA) note que les travailleurs agricoles et en production alimentaire peuvent aussi souffrir d’une mauvaise santé due à leurs conditions de travail. Par ses politiques, l’APHA favorise un système alimentaire durable basé sur les conditions de travail sécuritaires, les salaires équitables, et la protection des droits de la personne.
Les travailleurs en production alimentaire sont exposés à une grande variété de dangers au quotidien. Par exemple, les travailleurs en laiterie et en exploitation porcine risquent toujours des blessures causées par les animaux ou par l’équipement lourd.
Les ouvriers qui traitent le bétail et la volaille sont à risque plus élevé de contracter des zoonoses telles la rage, la trichinose, et d’autres qui peuvent être transmises des animaux aux humains.
Les travailleurs dans les champs qui s’occupent de l’entretien et de la récolte souffrent souvent de maladies liées à la chaleur, d’empoisonnement dû aux pesticides, et des blessures de dos et d’épaule chroniques suite aux activités répétitives de se pencher, s’étirer, et de soulever.
Les travailleurs en abattoir s’exposent sans cesse à des dangers de lacération et d’amputation, de même qu’aux infections et une exposition aux agents pathogènes résistants aux antibiotiques. Ils risquent également des troubles musculo-squelettiques causés par le travail intense et répétitif qu’ils effectuent.
"Depuis l’entrée en vigueur de l’« Occupational Safety and Health Act » (OSHA), les taux de mortalité ont diminué de 18 décès par 100 000 travailleurs en 1970 à 3,4 décès par 100 000 travailleurs en 2015."
Selon les données
Le taux de blessures mortelles au travail parmi les travailleurs agricoles est sept fois plus élevé que celui des travailleurs généraux et deux fois plus élevé que le taux pour les industries de la construction et l’exploitation minière.
De plus, le taux de blessures non mortel au travail est plus élevé parmi les travailleurs en production alimentaire, particulièrement en ce qui a trait à celles associées aux incidents exigeant des jours de congé ou de restrictions au travail. Les industries de conditionnement de viande et de volaille comptent parmi les plus élevés en industries américaines lorsqu’il s’agit de maladies ou blessures au travail.
Tandis qu’ils ne peuvent éliminer complètement les blessures, l’usage de lunettes de protection et de gants résistants aux coupures ou antimicrobiens gants peut aider les travailleurs à limiter leur exposition à certains dangers.
Peu importe l’industrie, les blessures, maladies, et invalidités encourues en milieu de travail sont coûteuses aux entreprises, communautés, gouvernements, travailleurs, et familles impliqués. Le coût annuel des blessures, maladies, et décès aux États-Unis, incluant les pertes en productivité, est estimé à environ 250 milliards de dollars.
L’indemnisation des accidentés au travail couvre moins de 25 pour cent de ces coûts. Par conséquent, les familles et les contribuables financent la grande partie des pertes de revenus et coûts médicaux liés aux blessures et maladies au travail.
Payer à la pièce
Certains travailleurs agricoles sont payés selon la quantité de produits récoltés. Ce système peut entraîner un salaire hebdomadaire plus élevé, mais il encourage un rythme intense qui implique des tâches répétitives, des charges plus lourdes, et d’autres facteurs de risque qui pourraient causer des blessures.
Une étude récente a révélé que les travailleuses latino-américaines employées à forfait de paiement à la pièce auraient cinq fois plus tendance à signaler une blessure que celles qui ne travaillent pas dans un système à la pièce.
Le système de paiement à la pièce encourage des pratiques discriminatoires et l’inégalité et peut être abusé par les employeurs pour frauder les travailleurs. Les travailleurs agricoles rapportent que la seule façon d’augmenter et d’assurer l’usage d’équipement de sécurité de façon constante est de changer d’un système de paiement à la pièce à un taux horaire.
Avancer dans la bonne direction
Depuis l’entrée en vigueur de l’« Occupational Safety and Health Act » (OSHA), les taux de mortalité ont diminué de 18 décès par 100 000 travailleurs en 1970 à 3,4 décès par 100 000 travailleurs en 2015.
Tandis que certaines petites entreprises considèrent l’intervention du gouvernement comme coûteuse et inutilement lourde, la mise en application des règlements — ainsi que l’usage correct d’équipement personnel de protection — rend le travail agricole plus sécuritaire.
